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Dans son travail: « Dogme et Obsession » (Imago, XIII, 1927, p. 246 à 382) Reik nous a fourni sur le problème du dogme un article des plus intéressants.
D'après Reik, ce dogme représenterait la formation d'un compromis entre des instances refoulées et des instances refoulantes. Si donc cette supposition est exacte, nous devons retrouver également dans la vie quotidienne, indépendamment du terrain religieux, certains types névrotiques, correspondants au principe du dogme. Aussi voulons nous, dans ce qui suit, rapporter un tel cas du « dogme individuel ».
Il s'agit d'une femme âgée de soixante ans — que nous nommerons Isabelle — mère de plusieurs enfants qui, à l'heure actuelle, ont tous ont déjà dépassé la trentaine. De nature, Isabelle est très pieuse, consciencieuse et de bonne foi. Elle consacre la plus grande partie de la journée à son intérieur et n'a aucun intérêt intellectuel. Elle est veuve depuis environ 30 ans.
Ce qui nous intéresse ici, c'est qu'Isabelle a toujours élevé ses enfants sous la fiction que sa propre famille était exemplaire, que tous ses membres menaient une vie irréprochable et étaient doués d'un caractère irrécusable. Mais, en réalité, la plupart des parents d'Isabelle étaient des psychopathes. Les uns ont commis, dans leur jeunesse, de nombreuses sottises, les autres sont devenus des ivrognes ou ont dilapidé leur fortune. D'autre part, il faut enregistrer dans le passé de cette famille plusieurs divorces et des affaires scandaleuses sensationnelles. Isabelle qui, sur le terrain moral, est très sévère envers elle-même et envers ses enfants, sait par contre toujours défendre les siens et les représenter comme exemple de sainteté.
Seuls de deux de ses parents Isabelle ne parle pas dans ce sens,