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Devant ce titre j'éprouve quelque embarras. Il me paraît contenir quelque chose de trop défini, de trop complet, de trop achevé — bref il me paraît promettre trop. Je voudrais donc prévenir quelque désillusion. Cependant, il est tout à fait légitime de se demander à l'heure actuelle quel est l'apport de la psychanalyse dans celte question.
A vrai dire les investigations psychanalytiques des psychoses sont encore dans une phase de tâtonnements, elles n'ont permis d'acquérir que bien peu de connaissances eu égard à ce que nous ignorons encore de la folie.
Si la psychanalyse a permis — et permet chaque jour — une connaissance de plus en plus approfondie des névroses, il n'en est pas de même des psychoses — loin de là. Cela tient — je crois — à ce que la technique avec laquelle on aborde l'étude d'une névrose, n'est point applicable en face d'une psychose. Le transfert, qui comme on le sait, est le pivot, la cheville ouvrière du traitement psychanalytique des névroses, ne s'établit pas lorsqu'on se trouve en présence d'une psychose. Ou bien, s'il existe, le transfert prend alors des caractères si particuliers, qu'il n'est plus utilisable pratiquement, tout au moins dans l'état actuel de nos connaissances. Il y a là une des difficultés du problème et non des moindres.
Cependant, malgré d'immenses difficultés, la psychiâtrie, domaine obscur et mystérieux par excellence de la médecine, doit déjà beaucoup à la psychanalyse.
Tout comme pour la psychologie normale, tout comme pour l'élude des névroses, la psychanalyse nous aide à comprendre la