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J'ai choisi le cas qui va suivre pour plusieurs raisons: d'abord le malade, sans avoir absolument terminé son analyse au sens strict du mot (mon départ pour la France ayant interrompu le traitement vers sa fin), a fait une guérison très satisfaisante; puis, ayant vécu en réalité ce que les autres enfants ne font souvent qu'imaginer, il a donné dans l'ensemble un matériel très peu symbolique qui constitue une confirmation aussi peu équivoque que possible de la rectitude de l'interprétation freudienne; ensuite les symptômes de névrose vraie qu'il présentait, et dont le contenu psychogène a pu être analysé, nous permettront une discussion de ces symptômes; enfin j'ai analysé le malade avant d'avoir terminé ma propre analyse, et nous chercherons comment la cure a pu être effectuée malgré cette difficulté.
Le malade, que j'appellerai Morton Young, me fut envoyé, sans diagnostic particulier, par le psychiâtre pour le compte de qui je travaillais à ce moment en qualité d'assistant dans sa clinique. Le traitement, commencé au début de juin 1927, fut interrompu au début de septembre par le départ du malade pour une Université éloignée, puis repris en octobre 1928, et se termina fin juin 1929 lorsque je dus quitter l'Amérique. La psychanalyse a donc porté sur un total de douze mois, à raison de cinq séances par semaine, avec une interruption d'un an après les trois premiers mois.
Les symptômes dont se plaignait le malade étaient les suivants: masturbations et pollutions nocturnes exagérées, coïts rendus presque impossibles par éjaculation précoce, insomnie, constipation, obsessions et phobies diverses, le tout engendrant un état de dépression vague et un manque d'allant qui le mettent dans l'impossibilité d'écrire sa thèse, qui seule le sépare d'un doctorat longtemps préparé.
Morton Y., âgé de 35 ans, célibataire