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Le cas que je me propose d'exposer ici présente, quoique son analyse soit restée inachevée, un certain intérêt, d'une part, par son histoire et, d'autre part, par les problèmes d'ordre diagnostique pathogénique qu'il soulève. Dans l'histoire de ce cas, on peut observer le rôle joué par certains mécanismes psychologiques exposés dans le travail de Freud: « Sur quelques Mécanismes névrotiques dans la Jalousie, la Paranoïa et l'Homosexualité » (2). Le rôle de ces mécanismes est si visible dans notre cas que cette analyse pourtant interrompue et inachevée, les révèle sans avoir presque recours à des interprétations.
Le malade, un écrivain de trente-cinq ans, que nous appellerons R., me fut confié, en vue d'une psychanalyse par un confrère ami.
Lorsque je vis ce malade pour la première fois, je me trouvai en présence d'un homme à l'aspect intelligent, viril et énergique, en proie à une visible anxiété. Il avait l'air comme traqué, comme écrasé par une souffrance morale. Il me confia être, depuis quelques mois, obsédé par la jalousie à l'égard des anciens amants de son amie. Il la soupçonnait, sans le lui laisser voir, de les avoir aimés plus que lui ou plutôt d'avoir trouvé avec eux plus de satisfactions sexuelles qu'avec lui. Et, chose essentielle, il trouvait parallèlement, dans l'évocation de scènes sexuelles entre son amie et ces amants, une excitation sexuelle extrêmement intense. A tel point qu'il se livrait à ces imaginations toutes les fois qu'il avait des rapports avec elle, c'est-à-dire au moins une ou deux fois par jour; sans lui laisser transparaître la cause de sa curiosité, il la harcelait de questions au sujet de sa vie amoureuse passée, pour finir par des