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Deux défauts principaux de cet exposé ne nous ont pas échappé. Outre une certaine aridité, il comporte un tour de rédaction qui paraîtra trop schématique, trop abstrait de la réalité vivante. Les « pulsions », en effet, y sont traitées comme des sortes d'entités, détachées souvent de l'être qui les crée et les vit, et menant leur vie indépendamment de la sienne. L'usage d'une telle licence descriptive nous paraît cependant défendable dans un exposé franchement théorique. Il l'a facilité considérablement, alors que l'obligation de ramener sans cesse la pulsion à l'individu, au lieu de l'individu à la pulsion, comme nous l'avons fait, l'eût rendu fort ardu et fort long.
De toutes façons, nous pensions qu'une vue d'ensemble de la théorie énergétique de Freud et de son évolution pourrait constituer un complément aux travaux et ouvrages remarquables publiés palles membres de la Société française de Psychanalyse. Son but particulier consiste à tenter de remettre au point certaines polémiques ou du moins de les ramener sur un plan scientifique aussi objectif que possible.
Le sujet qui m'a été réservé, soit la théorie des instincts, offre matière à tout un cours. C'est dire qu'il m'a fallu choisir entre les nombreuses manières de le traiter, puisque je ne dispose que de deux heures. Je me suis donc résolu à me limiter à la théorie psychanalytique, pensant que vous m'avez fait l'honneur de venir ce soir pour m'entendre parler de psychanalyse.
Il y a donc aujourd'hui vingt-huit ans que Freud, après avoir longuement observé et réfléchi, fit paraître une petite brochure intitulée : « Trois essais sur la théorie de la sexualité » (1), dans