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Mesdames, Messieurs,
Conformément à l'usage, je voudrais, en ouvrant les travaux de la VIIe Réunion des psychanalystes de langue française, jeter un bref coup d'œil rétrospectif sur l'évolution récente du mouvement psychanalytique à Paris, afin d'en tirer les enseignements qu'elle comporte.
Vous savez que le succès, trop considérable, que la psychanalyse avait connu précédemment dans les milieux littéraires, a fait place depuis ces dernières années à une sorte de lassitude silencieuse du grand public, — celui-ci réclamant sans doute de nouvelles formules de scandale mondain ou de snobisme esthétique. Faut-il voir, dans ce désintérêt, ainsi que l'a écrit Paul Reboux, l'indice d'une adoption inconsciente, universelle, et par là même anonyme, des idées directrices de Freud par l'opinion collective ? C'est possible. — Mais, quoi qu'il en soit, un phénomène plus important, pour nous et pour l'histoire des idées, s'est parallèlement déroulé dans les milieux scientifiques ; une recherche patiente et sans bruit de mise au point, laborieuse mais nécessaire, de la doctrine psychanalytique, celle-ci étant d'ailleurs avantageusement distinguée des faits eux-mêmes découverts par Freud sur le seul terrain de la névrose.
Déjà, vers 1922-1924, lorsque le hasard me procurait l'honneur de contribuer à la diffusion de la psychanalyse dans notre pays, je cherchais — (sans aboutir malheureusement) — à en extraire les découvertes de Freud, pour n'accepter que provisoirement la théorie que lui-même et ses élèves en avaient forgée. En ce faisant, je cherchais, avec d'autres ici présents aujourd'hui, à intégrer la méthode psychanalytique de connaissance et de traitement dans la clinique et la thérapeutique générales.