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L'homosexualité féminine, qui n'est certes pas moins fréquente que l'homosexualité masculine, mais bien moins bruyante que celle-ci, n'a pas seulement été oubliée par la loi pénale, mais a aussi été négligée par l'investigation psychanalytique. L'exposé d'un cas particulier, qui n'était pas d'un caractère trop aigu et dont il a été possible, de reconnaître, presque sans lacune et avec une pleine certitude, la genèse psychique, peut donc réclamer un certain droit à l'attention. Si l'exposé ne donne que les contours les plus généraux des événements et les éclaircissements acquis par le cas en supprimant tous les détails caractéristiques sur lesquels est basée l'interprétation, cette limitation s'explique facilement par la discrétion médicale exigée pour un cas récent.
Une jeune fille de dix-huit ans, belle et intelligente, appartenant à une famille d'une classe sociale très élevée est pour ses parents un objet de mécontentement et de souci à cause de la tendresse avec laquelle elle poursuit une « dame du monde » de dix ans son aînée. Les parents prétendent qu'en dépit de son nom aristocratique, cette dame n'est qu'une « cocotte ». Il est notoire, disent-ils, qu'elle vit chez une amie mariée avec qui elle a des relations intimes, ce qui ne l'empêche pas d'entretenir en même temps de faciles liaisons avec de nombreux hommes. La jeune fille ne discute pas cette mauvaise réputation, mais sans renoncer à son adoration pour la dame, et tout en ayant le sens de la décence et de l'honnêteté. Ni défense ni surveillance ne l'empêchent de profiter de chacune des rares occasions qui s'offrent à elle de rencontrer sa bien-aimée, de s'informer