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P. Federn : Das Ichgefühl im Traume. {Le sentiment du moi dans le rêve). — M. Federn s'est particulièrement occupé dans ses dernières études du sentiment du moi et de sa psychogenèse. Il le définit comme l'expérience du moi propre (Seelisches Selbsterlebnis) de son unité et de sa continuité ; il le distingue de la conscience du moi, qui est savoir, connaissance, tandis que le sentiment implique un état ressenti comme spécifiquement subjectif, non nécessairement conscient. Bref, c'est « l'ensemble des sentiments centrés autour de la personnalité vivante ». Ce noyau du sentiment du moi reste constant vis-à-vis des autres impressions éprouvées par l'individu ; il délimite une zone déterminée dans laquelle toute sensation ou émotion est teintée de la nuance personnelle. M. Federn admet que cette région c'est celle primitivement investie par la libido narcissique (narcissisme « médiat » par opposition au narcissisme « réflexe »). Or, comment se comporte ce sentiment du moi dans le rêve ?
Une première constatation à faire, c'est que le rêve paraît souvent comparable à un état d'étrangeté du moi, « d'aliénation » (Entfremdung). Cette impression de bizarrerie et de nouveauté se montre après le réveil : le rêveur a la sensation de sortir d'un monde inconnu, étrange comme le dépersonnalisé se sent loin de toutes les réalités qui l'entourent. Dans les deux situations, il y a aussi impression de passivité (du