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(Paru pour la première fois dans la Internat. Zeitschrift für ärztliche Psychoanalyse V 1919)
Le fantasme « on bat un enfant » est avoué avec une étonnante fréquence par les malades qui demandent à l'analyse de les guérir de leur hystérie ou bien de leur névrose obsessionnelle. Très probablement le retrouverait-on souvent aussi chez toute une série de sujets qui, n'étant pas manifestement malades, ne viennent pas se soumettre au traitement.
A ce fantasme sont liées des sensations voluptueuses qui font qu'il a été et sera encore reproduit d'innombrables fois. L'àcmé de l'évocation de la scène est. presque toujours accompagné d'une satisfaction masturbatoire (donc génitale), d'abord du plein gré du sujet, et plus tard compulsivement malgré ses efforts en sens contraire.
Le malade hésite à avouer un tel fantasme : le souvenir de sa première apparition est incertain : une résistance non équivoque s'oppose au traitement psychanalytique. La confession de ce fantasme au psychanalyste est entravée, semble-t-il, par plus de honte, par un plus violent sentiment de culpabilité que celle des autres données que le patient retrouve dans son souvenir concernant les débuts de sa vie sexuelle.
Enfin, l'on peut établir avec certitude que les premiers fantasmes de cet ordre ont été caressés très tôt, certainement avant les années scolaires du sujet, dès l'âge de cinq ou six ans. Si l'enfant a vu battre à l'école certains de ses camarades par l'instituteur, ses fantasmes endormis sont évoqués à nouveau, ravivés, intensifiés et le contenu a pu s'en trouver sensiblement modifié.
A partir de cette période scolaire, les scènes d'enfants battus florissent en nombre indéfini dans l'imagination.