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L'une des premières thèses fondamentales de Freud fut que le complexe d'Œdipe constituait le noyau de toute névrose ; corrélativement qu'il n'y avait pas de névrose sans complexe d'Œdipe. Depuis lors, l'expérience et d'innombrables vérifications sont venues confirmer cette assertion ; inversement, les faits négatifs apportés au débat n'ont pas paru probants, livrés souvent par des analyses inachevées ou conduites sans un souci suffisant des « règles de l'art » ; de l'art bien entendu de découvrir et d'analyser les vives résistances, fort variées dans leur aspect et leur forme, et adoptant parfois les formes les plus inattendues, que certains sujets opposent à leurs pulsions infantiles sexuelles très refoulées.
Nous avons analysé un homme pendant trois ans, et chez lui l'une des premières formes de la résistance, au cours des premiers mois, fut en effet très inattendue. Ses parents, morts tous deux, ne jouaient pour ainsi dire pas de rôle affectif et effectif dans sa vie intérieure. Par contre, il m'apporta tout de suite dans ses fantasmes et ses rêves un matériel œdipien très transparent et apparemment authentique. Toute la situation était dominée par cette constellation. Le malade livrait ce matériel avec entrain, avec une certaine fierté même, déclarait aller de mieux en mieux, se sentir presque guéri, ce qui était bien la preuve que « nous » avions trouvé