You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
I. — Introduction. — Il y a parallélisme entre le développement affectif et l'évolution de la pensée parce que les sentiments et les opérations intellectuelles ne constituent pas deux réalités extérieures l'une à l'autre, mais les deux aspects complémentaires de toute activité psychique.
On dit en général que la pensée est tantôt pure, tantôt gouvernée par les sentiments. Ce sont là expressions impropres, car le sentiment accompagne toujours la pensée. Mais tantôt les sentiments, comme la pensée, s'attachent à des règles (à la fois morales et logiques) d'objectivité et de cohérence, et alors la pensée est rationnelle, tantôt les sentiments comme l'intellect demeurent égocentrique, c'est-à-dire préfèrent la satisfaction du moi à la vérité, et alors la pensée est pré-ou illogique.
II. — Les traits généraux du parallélisme entre l'affectivité et la pensée. — Etant données les relations constantes qui unissent l'intelligence aux sentiments, il va de soi que les développements respectifs de ces deux fonctions présentent d'étroites analogies, d'ensemble et de détail. Dans l'ensemble on peut noter les trois points suivants :
1° La pensée comme l'affectivité a une histoire, c'est-à-dire qu'elle évolue en sa structure et pas seulement en son contenu. Les étapes de cette évolution peuvent être caractérisées au moyen d'un système de « stades », étant entendu qu'une classification est toujours artificielle et que, en vertu de divers décalages, elle s'applique d'autant moins à l'ensemble des caractères du sujet que l'on s'éloigne des stades primitifs.
Deux exemples : il existe un stade antérieur à la constitution d'un univers permanent et durant lequel le moi et le monde ne font qu'un (les 10-12 premiers mois environ), un stade égocentrique durant lequel le monde demeure centré sur le moi, etc.
2° Le développement de la pensée manifeste l'existence de certains