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La légende de Napoléon me fait la même impression que la révélation de Saint-Jean : chacun a le sentiment qu'il y a encore autre chose, mais il ne sait pas quoi.
« … Puisque d'après F. Kircheisen la bibliographie touchant l'époque de Napoléon — sans nullement avoir épuisé la matière — comprend, en effet, 80.000 publications. Cet énorme chiffre, auquel nul autre relatif à n'importe quelle époque historique ne saurait être comparé, même de loin, montre bien, qu'il est question ici de problèmes et de mobiles enfouis dans des tréfonds insondables et qui, par cela même, ou bien échappent aux investigations historiques, quelque consciencieuses qu'elles soient, ou bien ne peuvent que très imparfaitement être mis à jour. Et c'est ici que la recherche historique devra s'allier, ou céder la place, à la méthode psychoanalytique qui, pénétrant plus avant, pourra alors reprendre le travail là où les autres investigations auront atteint la limite de leur-pouvoir.
Charles Maurice, comte de Talleyrand-Périgord, évêque d'Autun, prince de Benevent, fut pendant de longues années ministre des. affaires étrangères sous Napoléon. Ses conflits avec l'empereur, dans lesquels Napoléon montra une étonnante indulgence en face de vérités franchement dites, lesquelles v'érités, dites par un autre, lui eussent coûté sa tête et sa position ; le fait que Napoléon supporta pendant des années ces manières de grand seigneur, et la façon provocante avec laquelle Talleyrand étalait les faiblesses du parvenu impérial, et surtout — et avant tout — l'inertie avec laquelle Napoléon toléra pendant des années les préparatifs de la trahison et