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Parmi les sources psychologiques infantiles et inconscientes de l'art, il est un groupe que l'on n'a pas encore assez relevé, à notre avis. On a parlé des divers complexes qui président à la genèse de l'œuvre esthétique, et en particulier des complexes d'Œdipe et de Caïn (motif incestueux), de naissance (motif du héros spectaculaire, exhibition et curiosité). On a montré que l'activité artistique est avant tout expression du moi, libération, catharsis véritable : l'artiste projette dans ses œuvres ses conflits, ses complexes, ses tendances profondes, et s'en débarrasse en quelque sorte sans agir par lui-même. Mais ce qu'on n'a pas assez relevé, c'est que cette réalisation du moi ne se produit pas au hasard, que les voies d'extériorisation des tendances répondent à des besoins profonds. Certes, il est connu qu'un peintre, un poète, un musicien expriment chacun leurs idées et sentiments à sa manière, et l'on parlera de dons, de talent, de génie propre. Or, la psychanalyse ne nous a pas encore beaucoup renseigné sur les causes intimes de ces divers modes d'expression ; d'ailleurs, il nous semble que « l'instrument » propre à chaque artiste, non seulement lui permet de se faire comprendre, voir ou entendre, mais qu'il joue un rôle dans la vocation elle-même. En d'autres termes, il faut, pour qu'un écrivain, musicien ou peintre, cherche à créer des œuvres personnelles, outre les conditions qu'on a souvent relevées (complexes ci-dessus), personnels ou collectifs, (base de « l'inspiration »), qu'il ait, comme on dit, un talent, la facilité et le désir de s'exprimer d'une certaine manière, dans un genre donné. Or, ce talent peut lui-même être analysé, on peut découvrir les origines inconscientes de cette préférence, donnée à une capacité psychique d'extériorisation.
Il semble, d'après les quelques études qu'on a faites dans ce domaine, qu'il s'agisse, dans ce choix de moyens, de zones érogènes, qui ont été le lieu de fixation d'une quantité particulièrement forte de libido.