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Les sept Conférences sur la Pensée magique, qui se trouvent ici réunies, not été faites à la Sorbonne au cours du premier semestre de 1933 ; elles furent organisées sous l'égide du Groupe d'Etudes Philosophiques et Scientifiques pour l'examen des Tendances Nouvelles que fonda et dirige notre collaborateur le De René Allendy.
C'est avec un certain effroi que j'inaugure ce soir notre série de conférences sur la Magie. C. sujet est, en effet, l'un des plus vastes que l'on puisse traiter : la magie n'est rien moins qu'une des principales conceptions du monde que se soient créées les hommes.
Je vous donnerai d'abord quelques exemples concrets de magie que j'emprunterai à l'ouvrage célèbre de Frazer, Le Rameau d'Or (2).
L'application la plus familière de l'idee que tout semblable appelle le semblable se trouve sans doute dans les tentatives faites universellement, et dans tous les temps, de blesser ou de détruire un ennemi en blessant ou en détruisant son effigie, cela, dans la croyance que la souffrance de cette effigie commandera la souffrance de l'individu et la destruction de l'une la mort de l'autre. Quelques exemples, choisis parmi un grand nombre démontreront peut-être combien a été répandue cette pratique dans le monde entier, et combien remarquable a été sa persistance à travers les âges. Elle a été familière durant des millénaires aux sorciers de l'Inde antique, de Babylone, de l'Egypte, comme à ceux de la Grèce et de la Rome classique ; et souvent aujourd'hui, les malins sauvages australiens, africains, voire les enchanteurs écossais y ont recours. Les Indiens de l'Amérique septentrionale s'imaginent qu'il suffit de dessiner la forme d'une personne sur le sables la cendre, ou l'argile, ou encore d'affecter un objet quelconque à la représentation du corps de l'ennemi, puis de frapper cette image avec un bâton pointu, ou de la blesser de toute autre façon, pour que l'individu ainsi figuré soit affligé d'une blessure pareille à celle qu'a reçue la figuration. Par exe