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Après vous avoir parlé, au cours de mes dernières conférences, de la prise de contact de l'analyste avec le malade, et vous avoir exposé les difficultés créées par le diagnostic d'un cas et la mise en marche d'un traitement, je voudrais aujourd'hui entrer un peu dans les détails et vous présenter un traitement à ses débuts.
Je reprends donc le cas du jeune homosexuel dont je vous ai parlé dans ma première leçon, et chez lequel nous avons cru découvrir, derrière la façade de l'homosexualité, une névrose d'angoisse. Permettez-moi de vous rappeler brièvement la façon dont s'était présenté ce cas : il s'agissait d'un jeune homme de vingt-huit ans, venu me consulter non pas pour suivre un traitement, mais pour me demander quelques conseils sur la ligne de conduite à suivre dans son cas. Honteux et gêné, il me parla de son « vice ». Il me dit qu'il était allé, il y a quelques années, consulter Babinsky une dizaine de fois. Mais il ne put lui dire quoi que ce soit, car il pleurait toujours. A cette époque-là, dit-il, il n'avait pas encore cédé vraiment à son penchant, tandis qu'aujourd'hui le mal est irréparable : il est atteint d'homosexualité, il ne voit pas comment il peut vivre une vie normale, etc., etc…
Je vous ai exposé comment nous avons lentement amené le malade à comprendre que, derrière ce symptôme, il se cachait autre chose, que l'homosexualité consciente ou inconsciente, pouvant s'observer pour ainsi dire dans toutes les névroses, et que le mal dont il se plaignait n'était en somme que l'aspect d'un trouble plus profond. Ce trouble se traduisait également par d'autres symptômes, tels que le besoin de cultiver toujours un remords, de se croire exclu, pour une raison ou pour une autre, de la société des hommes, de ne pas pouvoir être franc, direct, ouvert, de vivre dans la crainte que l'on ne découvre son état, etc., etc…