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« Dans la littérature psychanalytique la plus récente se manifeste une prédilection pour la théorie selon laquelle toute espèce de privation, toute entrave à une satisfaction pulsionnelle a ou pourrait avoir pour suite une aggravation du sentiment de culpabilité. Je crois pour ma part qu'on réduit considérablement les difficultés théoriques en n'appliquant ce principe qu'aux seules pulsions agressives et l'on ne trouvera pas beaucoup d'arguments qui contredisent cette hypothèse. »
Il s'agit d'une jeune fille de 30 ans. Avant de venir chez moi, elle avait été en traitement pendant dix ans chez différents médecins, sans aucun résultat. On la considérait comme incurable ; elle avait été diagnostiquée comme schizophrène.
Elle insista elle-même à être analysée par moi, parce qu'une de ses amies avait suivi mon traitement. Ses parents, la mère surtout, n'acceptèrent le traitement analytique qu'à contre-cœur, sans aucun espoir que l'analyse puisse apporter un secours à la jeune fille, et seulement dans le but de lui procurer une distraction.
Depuis sa toute petite enfance, jusqu'à l'âge de 5 ans, la malade avait été extrêmement gâtée par sa mère et par sa bonne. Puis la bonne fut congédiée quand l'enfant avait 5 ans environ. Cette séparation subite fut un coup terrible pour la petite fille qui était tendrement attachée à sa bonne. En même temps, la mère changea de conduite envers l'enfant : elle se mit à l'élever avec une sévérité extrême. Elle expliqua à l'enfant que chacun a des devoirs, et que