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Je vous exposerai, dans les trois premières de ces leçons, la théorie de la sexualité, telle qu'elle ressort des Trois Essais que, dès 1905, Freud lui a consacrés. J'y ajouterai quelques aperçus complémentaires fournis par la biologie depuis lors, certaines données psychanalytiques émanées de travaux accomplis en grande partie par Freud lui-même au cours des trente années déjà qui nous séparent de la publication de ce travail fondamental. Fondamental peut-on dire à juste titre, car, depuis, les bases posées dès lors par Freud n'ont été en rien ébranlées par l'observation et l'expérience.
Le premier de ces essais, qui traite des aberrations de la sexualité, nous occupera aujourd'hui.
Voici longtemps déjà qu'on le disait : les deux grands instincts qui animent les vivants sont la faim et l'amour. Mais tandis que le terme de faim implique en soi déjà la notion dynamique de pulsion biologique, la pulsion biologique qui est à la source des tendances amoureuses ne possède pas de dénomination équivalente dans le langage populaire. Une semblable pulsion est cependant à postuler, et c'est pourquoi la science psychanalytique, créée par Freud, a donné à la force biologique qui se révèle à la source de tous les phénomènes de la sexualité le nom générique de Libido.
Or, l'imagination populaire se fait des œuvres de la libido une