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Nous désirons apporter ici une nouvelle contribution au problème considérable de psychologie clinique que pose la question du sentiment névropathique de Dépersonnalisation, à propos d'une nouvelle observation, suivie du double point de vue clinique et psychanalytique.
Nous rappelons qu'on désigne sous ce terme le principal élément d'un syndrome très répandu, décrit pour la première fois, semble-t-il, en 1874, sous le nom de « névropathie cérébro-cardiaque ». En même temps que les malades de Krishaber, auteur de cette description, présentaient des symptômes caractérisés, dans la termologie actuelle, par l'angoisse-névrose, ils se plaignaient constamment d'éprouver des impressions d'étrangeté de la réalité extérieure et de leur propre personne, exprimaient le sentiment d'être irréels, lointains, changés, leur personne physique étant étrangère, leur voix les frappant comme celle d'un autre, leurs pensées et sentiments leur apparaissant comme appartenant à autrui. Quoiqu'on observe, en psychologie clinique, toutes les transitions entre la vague impression, purement subjective, de l'anxieux ou du petit psychasthénique, et le fait, plus objectif que subjectif, de la « perte du contact avec la réalité » chez le schizophrène, on peut dire que les névropathes qui accusent de la manière la plus frappante ce sentiment de Dépersonnalisation, ne manifestent aucun trouble vrai de leur personnalité. Il s'agit d'un « sentiment d'incomplétude » de la série des symptômes psychasthéniques de P. Janet. Après Taine et Th. Ribot, le fin psychologue qu'est M. Dugas a fait maintes fois remarquer qu'il ne s'agit, chez le névropathe vulgaire, que d'une altération du « sentiment du moi », que d'une impression illusoire ressentie par le malade qui s'analyse de façon plus ou moins obsédante. Impression qui disparaît dès que son attention parvient à se