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M. R. Lœwenstein : « Lorsque nous fûmes chargés, mes amis Laforgue et Odier, et moi, d'amorcer la discussion de la remarquable communication de M. Staub, celui-ci a bien voulu assister à une réunion privée à laquelle malheureusement M. Laforgue n'a pu être présent. Au cours de cette réunion, notre conversation avec M. Staub m'a permis d'élucider certains points de son exposé qui m'avaient d'abord paru obscurs.
Il peut paraître superflu d'insister sur l'énorme intérêt que pré sentent pour la psychanalyse et pour chaque psychanalyste en particulier, des travaux tels que celui de M. Staub. Ceux qui par leur pratique journalière se trouvent en présence de difficultés techniques dans le traitement de bon nombre de cas de névroses savent combien peuvent être précieuses les solutions trouvées par d'autres.
Et cependant, il se trouve que d'aucuns semblent marquer une certaine opposition à des travaux qui ont pour objet la technique même de la cure psychanalytique.
C'est ainsi que lors de la discussion de mon travail sur le « tact » dans la psychanalyse, certains s'opposèrent à ce qu'ils considéraient comme une réglementation du tact, alors que d'autres étaient hostiles à l'énoncé de toute règle technique, craignant par là d'entraver toute initiative du psychanalyste, donnant pour raison que l'exercice de la psychanalyse devait rester un art. Ces derniers semblent oublier que la pratique d'un art nécessite un long apprentissage et l'acquisition d'une technique sûre. Cet apprentissage n'a jamais empêché personne de manifester son originalité.
Si Freud avait pensé comme ces critiques, la psychanalyse aujourd'hui, n'existerait pas. On saurait qu'il y a à Vienne un médecin réussissant à guérir des névroses passant pour inguérissables, et cela par une méthode mystérieuse et bizarre.