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Dans son introduction, Boven nous montre la valeur fonctionnelle de l'anxiété ; elle est, comme la douleur, le signal d'un désordre. Il l'étudie ensuite à travel's les différentes névroses dépressives. Celles-ci sont classées en deux types : névroses par surmenage et névroses par conflits. De sa plume alerte, Boven nous décrit les différentes affections colorées d'angoisse. Plusieurs de ces descriptions sont de petits chefs d'œuvre, mais on ne peut s'empêcher de regretter que l'auteur ne montre pas plus de curiosité quant à la genèse de ces états. Le côté structurel de la névrose lui échappe complètement. Assurément, nous trouvons des phrases comme celle ci : « L'angoisse naît de la collision de tendances opposées. » (p. 78). Mais ces tendances sont comme autant de casiers d'un damier, toutes mises sur le même plan et sans qu'il soit tenu compte de l'ensemble de la personnalité et de sa structure. De celle ci, il ne prélève que les deux tendances consciemment en opposition, ou les conflits inconscients les plus superficiels, sans s'occuper de leur genèse historique et de leurs rapports réciproques avec la constitution de la personnalité. En face de cette lacune, on s'étonne que Boven puisse écrire que la psychanalyse est inapte « à rendre compte à l'aide de ses fameuses instances, moi, surmoi, soi, ça, sur-ça, etc., du jeu des principaux éléments du caractère individuel. » Ne serait ce pas plutôt l'auteur qui s'est montré inapte à comprendre leur valeur ?
R. de Saussure.