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L'auteur se demande quel est le rapport qui peut exister entre la vie d'un homme et son œuvre artistique.
Lalo critique ceux qui, avec Aristote ou Taine, voudraient voir un rapport direct entre la vie et l'œuvre, mais il n'est pas plus tendre pour les psychanalystes à qui il reproche de mettre la sexualité au premier plan. Sa critique du freudisme ne se borne pas à cela. Il considère la plupart de nos affirmations comme des données invérifiables et des jongleries de l'esprit qui ne reposent sur rien. Les processus d'ambivalence et d'identification sont des clefs par trop magiques pour venir à bout des énigmes. L'ignorance absolue de M. Lalo quant aux faits cliniques sur lesquels repose la psychanalyse, son assimilation très superficielle de quelques lois de psychologie, rendent malheureusement ses critiques absurdes. Heureusement que son ouvrage ne se borne pas à cette médiocre critique; dans sa partie constructive, il tente une classification des œuvres littéraires selon qu'elles se rapprochent ou s'éloignent de la vie collective, nous dirions en langage psychanalytique selon leur valeur autistique ou objectale.
R. de Saussure.