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Longtemps on a cru l'instinct infaillible ; lorsqu'on a vu qu'il ne l'état pas, on a voulu le remplacer par des principes scientifiques d'éducation. Aujourd'hui, on tend plus justement à dégager les facteurs affectifs qui peuvent troubler cet instinct.
L'auteur ne veut pas passer en revue tous ces facteurs, mais simplement rappeler cette attitude qui fait prendre à une mère le même comportement envers ses parents et ses enfants. Cet article ne s'adresse pas à des analystes initiés, c'est pourquoi il ne va pas dans tous les détails d'une analyse. Mais avec beaucoup de clarté, K. Horney rapporte l'observation suivante.
Une femme de 35 ans, institutrice de sa profession, vient la consulter parce que ses élèves garçons tombent tous amoureux d'elle. Elle-même a fini par s'attacher très fortement à l'un d'eux. L'analyse montre une forte fixation inconsciente sur le père qui a été rapportée d'abord sur le mari. A la naissance du fils, c'est sur lui que s'est porté l'attachement et, de là, il s'est transféré sur les éléves. Ces fixations sont toujours ambivalentes, en sorte que l'on voit des mères, de peur de faire du mal à leurs enfants, ne pouvoir les confier qu'à des nurses. Cette constellation affective peut aussi provoquer des jalousies morbides entre mère et fille. Bien d'autres facteurs sont envisagés dans cet article (l'hypersévérité du surmoi, par exemple), mais la place nous manque pour en parler ici.
R. de Saussure.