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Dans nos trois leçons précédentes nous avons, suivant le plan général de Freud dans ses Trois essais sur la théorie de la sexualité, tenté d'embrasser d'une large vue d'ensemble les diverses modalités, et surtout l'évolution de la sexualité humaine.
Or, celle-ci, au jour de ce que nous avons pu voir, apparaît tout entière animée par une force hypothétique motrice, d'origine organique, mais de perception endopsychique, que Freud a appelée libido. L'extension croissante que Freud a donnée à ce terme, et qui lui a été d'ailleurs maintes fois reprochée, mais sans laquelle on ne saurait rendre compte des phénomènes protéiformes de la sexualité, est d'ailleurs à peu près la même que celle de l'Eros de Platon, ainsi que Havelock Ellis l'a fait remarquer.
Or, dans notre dernière leçon, la libido nous est apparue sous deux grandes modalités : la libido du moi ou narcissique et la libido objectale, lesquelles seraient en rapport comme ses pseudopodes au protoplasme globulaire d'une amibe.
De la libido objectale, nous avons traité à propos des investissements libidinaux œdipiens et pubères. Il en resterait beaucoup à dire, et nous y devrons d'ailleurs en plus d'un endroit revenir. La libido du moi, ou narcissique, dont nous avons déjà parlé à propos de la sexualité infantile, fera aujourd'hui l'objet de cette leçon.