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Ce sont souvent les phénomènes les plus connus qui retiennent le moins notre attention. En parlant de sentiments d'infériorité, chacun comprend de quoi il s'agit, et l'on ne pousse pas plus loin l'étude. Je voudrais faire ressortir quelques aspects de ces sentiments qui jouent chez nos malades un rôle si important.
Lorsqu'Adler, pour la première fois, attira l'attention sur les protestations narcissiques de notre moi à l'égard de nos infériorités, il les faisait dépendre d'insuffisances organiques réelles. Nous savons aujourd'hui que ces sentiments naissent souvent sans qu'il y ait réellement d'infériorités, et qu'ils sont en grande partie sous la dépendance du complexe de castration.
Avant d'aborder le côté affectif de ce problème, examinons le côté logique, celui qui concerne le moi.
Chez toute personne qui souffre de sentiments d'infériorité, il y a une erreur de jugement qui consiste à trouver des qualités exagérées chez autrui et des défauts exagérés chez soi-même. Cette erreur provient du fait que les sentiments d'infériorité naissent dans la petite enfance. Nous ne les trouvons chez l'adulte que lorsqu'il fait une régression ou lorsqu'il vit sous le poids de ces sentiments depuis sa petite enfance. Chez l'enfant, il y a un état chronique d'infériorité qui mérite d'être analysé.
Du point de vue du conscient, les sentiments d'infériorité sont une arriération dans le domaine de la logique. C'est une cristallisation de l'âge mental où la logique des relations n'existe pas encore. Piaget, dans ses différents ouvrages, a montré que les enfants d'un âge donné ne considéraient pas que les objets étaient lourds ou légers les uns par rapport aux autres, mais qu'ils étaient tout simplement lourds ou légers. Pour eux, un kilo de plume sera toujours moins pesant qu'un kilo de plomb. Il en résulte qu'à cet âge l'enfant se croira beau ou laid, fort ou faible, intelligent on bête, et que chacun de ces termes sera pris dans son sens le plus absolu. C'est