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Rapport présenté à la Neuvième Conférence annuelle des Psychanalystes de Langue française Paris, Je 2 février 1935
« L'observateur attentif à suivre cette première période de l'évolution de l'idée fixe assiste vraiment à l'un des spectacles les plus curieux que l'on puisse imaginer. Il voit un homme contraint, par les lois mêmes de son esprit, de chercher une forme à sa maladie… se livrant ainsi laborieusement à l'enfantement d'un délire qui soit l'expression, le relief exact d'un état intérieur dont il ne soupçonne même pas en lui l'existence. »
Dans ses conférences annuelles, notre Société Française de Psychanalyse poursuit, depuis plusieurs années, le but de donner au public médical français une vue d'ensemble des doctrines psychanalytiques par rapport aux diverses maladies mentales de la nosographie classique.
Par cette confrontation, la Société Française de Psychanalyse espère montrer la fécondité des recherches psychanalytiques, leur intérêt pour la psychiatrie orthodoxe, d'une part, et, d'autre part, fixer et, si possible, clarifier des idées étrangères qui se sont avérées neuves, ingénieuses, mais parfois trop systématiques ou compliquées.
Cette œuvre de mise au point a été brillamment réussie par nos prédécesseurs. Pour ne citer que les travaux exposés ici même dans cette tendance de comparaison clinique, le rapport de Laforgue sur la schizophrénie, celui de Saussure sur l'homosexualité, ceux de Parcheminey et de Mme Reverchon-Jouve sur l'hystérie, d'Odier, de Borel et Cénac sur l'obsession, ont montré que la psychanalyse savait être claire et que la psychiatrie pouvait être éclairée par la psychanalyse.
Je n'ai jamais osé espérer accomplir ma tâche aussi bien que mes devanciers. D'emblée j'ai su, en acceptant l'honneur qui m'était proposé de traiter de la paranoïa au point de vue psychanalytique, que j'assumais une entreprise redoutable, et surtout, si je tenais à me placer sous le signe de la simpli