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« Cet ouvrage a été écrit sans plan préconçu. Nous n'en connaissions, ni le titre, ni les conclusions: nous ne savions où nous allions. » Ainsi s'exprime l'auteur dans son Avertissement, et l'on comprendra qu'il ne soit pas aisé de résumer un livre de ce genre. Nous n'avons pas d'ailleurs cette prétention.
Le Dr Laroque s'est d'abord attaché à analyser la tragédie de Polyeucte de Pierre Corneille. Les portraits psychanalytiques qu'il fait des principaux personnages de ce drame sont fort ingénieux, mais il faut se rappeler que, s'il est très risqué déjà de faire la psychanalyse de personnages du passé, que l'on n'a point connus, il l'est sans doute plus encore de tenter celle d'êtres imaginaires tels que les personnages d'une tragédie. Le Dr Laroque n'a garde de l'oublier et ne prend en somme ces personnages que comme des paradigmes pour illustrer sa conception du « Moi ». Il conserve, en effet, ce terme usité en psychanalyse, mais en lui donnant un tout autre sens, car il ne tient aucun compte du « Soi » ni du « Surmoi », et encore moins du « ça » et du « sur-ça » qu'il appelle des termes petit-nègre. Pour lui, le « Moi » c'est notre corps au moment considéré du temps, c'est-à-dire une notion bien plus bergsonienne que freudienne.
L'auteur montre que le « Moi », toujours actuel, est en évolution continuelle dans le temps. Pour lui, ce n'est pas le présent qui recule dans le passé, mais bien le passé qui s'engouffre dans le présent. « L'actuel « inspire » le passé pour l' « expirer » ensuite. L'inspiration est effectuée par l'actuel, qui, pour l'auteur, est identique au « Moi », et ainsi, par l'apport de synthèses antérieures qu'il assimile, l'actuel se vivifie sans cesse et constitue une nouvelle synthèse. L'actuel (notre corps), en constituant une nouvelle synthèse aux dépens des synthèses antérieures qu'il inspire, expire des synthèses nouvelles: il crée le passé, le milieu. » C'est ce que le Dr Laroque appelle la loi de l'éternel progrès.
Se plaçant à un point de vu