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Car il a un côté biologique. Certes, nous ne l'oublions jamais. Tels d'entre nous ne laissent pas de rappeler, à toute occasion, ce qu'ils doivent à, leur formation médicale et de chercher sur quelles bases organiques — constitutionnelles ou accidentelles — s'échafaudent les constructions complexes des névroses. Faute d'en savoir assez sur ce point, nous sommes bien obligés de nous résigner à attaquer les névroses et leurs symptômes par des voies psychiques, les seules qui nous soient actuellement accessibles. Entendons par là les seules qui, malgré qu'on en ait, donnent des résultats thérapeutiques dont il vaille vraiment la peine de parler.
Immodestie? Oh, que non: simple constatation de fait.
Ce que l'on ne sait pas, parce que nous le disons rarement, c'est que, tout au long de nos cures psychanalytiques, nous sommes attentifs aux indices fonctionnels et anatomiques de nature à éclairer notre ignorance des causes organiques profondes favorisant les déviations instinctuelles que nous traitons. Ces causes existent probablement. C'est ainsi que nous voyons une même forme de névrose se transmettre sur six générations successives. Nous connaissons, pour une, parfois deux de ces générations, les circonstances affectives qui ont fait naître à un moment donné la névrose et l'ont fixée. Nous connaissons en revanche une foule de sujets chez lesquels des conditions affectives identiques à celles de ces familles névrotiques ont provoqué, dans l'enfance, une régression vers l'homosexualité, par exemple, mais qui ont réussi, ultérieurement, à franchir sans dommage les caps dangereux de l'évolution normale.