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Dans l'immense majorité des cas, la femme est privée du plaisir génital normal (c'est-à-dire du plaisir aboutissant, durant l'acte sexuel, à l'orgasme différencié) par une incapacité, naturelle ou accidentelle, qui échappe entièrement à sa volonté et à sa compréhension. Parmi les femmes dites frigides, un certain nombre répugnent plus ou moins au coït; mais beaucoup y sont au contraire favorables et même manifestent une préoccupation puissante et opiniâtre de se perfectionner, dans l'aptitude à la jouissance sexuelle, jusqu'à parvenir enfin au spasme complet, éminemment désirable à tous les points de vue.
Les obstacles qui empêchent ces candidates perpétuelles à l'orgasme ne sont pas toujours de nature uniquement névrotique (1), pouvant comporter, par exemple, un élément anatomo-physiologique, — conformation défectueuse, affections douloureuses de l'appareil vulvo-vaginal, etc., — ou reposer sur une base d'infantilisme de la fonction. Mais, le plus souvent, il s'agit de mécanismes psychanalytiques de Refoulement, dont l'exposé a été maintes fois tenté, sinon complètement réussi, et dont certains beaux exemples seront donnés dans ce numéro de la Revue Française de Psychanalyse.
Or, à l'inverse de ces inassouvies malgré elles, qui multiplient leurs efforts de libération dans des sens divers, parfois risqués ou même franchement dangereux pour leur santé, leur bonheur ou leur réputation, il existe des femmes qui, parfaitement capables de jouissance différenciée et même entraînées par leur tempérament sexuel vers la volupté complète et facilement reproductible, opposent