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Rien de plus instructif que de suivre les malades après leur analyse, car les renseignements fournis par la catamnèse constituent un complément indispensable à l'observation clinique. C'est là du moins l'avis des médecins; ce devrait être celui des psychanalystes. Malheureusement, ces derniers perdent souvent de vue leurs malades et ceux-ci, à leur tour, cherchent souvent à ne pas revoir leur ancien analyste, détournés de lui par quelque transfert négatif ou ambivalent ou par les mauvais souvenirs d'une cure pénible. Mais, abstraction faite de ces obstacles à l'application de l'excellent principe clinique de la catamnèse, il semble encore que nous négligions trop son utilisation scientifique.
C'est pourquoi je considère comme une chance d'avoir reçu dernièrement de longues nouvelles de Jean, ce cyclothymique angoissé et impuissant dont l'observation parut ici-même en 1933, et que l'on pourrait appeler « l'homme aux lavements » (1). Il s'agissait, rappelons-le, d'un grave névrosé, péniblement tourmenté dans sa petite enfance par une maladie recto-anale et violemment traumatisé par l'application abusive de lavements en série. Il a subi une psychanalyse de trois ans environ, terminée depuis quatre ans. On ne saurait prétendre aujourd'hui qu'il soit guéri au sens strict de ce terme; mais cet échec partiel est la meilleure justification de notre essai de catamnèse psychanalytique.
C'est dans le domaine de la vie intérieure que les résultats sont le