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Le 1er essai fut publié en 1910 dans la Revue des recherches psychanalytiques et psychopathologiques, vol. II; le 2e dans la même Revue, vol. IV; les deux furent ensuite publiés avec le 3e, sous le titre ci-dessus, dans la quatrième partie du Recueil des petits, écrits sur les névrosés.
Jusqu'ici nous avons toujours laissé aux poètes le soin de nous, décrire selon quelle « condition d'amour » les hommes faisaient leur choix objectal et comment ils accordaient les exigences de leur imagination avec la réalité. Les poètes, il est vrai, sont doués de certaines qualités qui les rendent aptes à cette tâche; ils ont surtout en partage cette sagacité du cœur qui leur permet de percevoir les émotions secrètes d'autrui et ce courage qui leur rend possible de laisser s'exprimer leur propre inconscient. Toutefois, la valeur scientifique des confidences de poètes est diminuée du fait qu'ils sont contraints de provoquer un plaisir intellectuel et esthétique, ainsi que certaines émotions; c'est pourquoi ils ne peuvent décrire la réalité telle qu'elle est vraiment et sont obligés d'en isoler certaines parties, de détruire certains rapports gênants, d'atténuer l'ensemble et de pourvoir à ce qui manque. Tels sont les privilèges de ce qu'on a appelé la « licence poétique ». En outre, les poètes ne peuvent témoigner que peu d'intérêt pour l'origine et l'évolution d'états psychiques qu'ils décrivent comme étant achevés. C'est ainsi qu'inévitablement la science doit porter des mains plus rudes, et cela pour un gain moindre en plaisir sur les objets mêmes dont s'est, depuis