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Les maladies changent au cours des siècles, même des années, chaque médecin le sait. Pour les maladies infectieuses on en a voulu rendre responsable un « virus epidemicus » mystérieux. Cela représenterait un accroissement ou un affaiblissement de la toxicité des bacilles, variant selon des conditions extérieures qui favorisent leur destruction ou leur prolifération.
Il semble qu'il en soit de même pour les névroses. Il est vrai que le temps pendant lequel nous avons pu observer les névroses est relativement court: une cinquantaine d'années, pas beaucoup plus. Néanmoins, déjà pendant cette période on a pu constater des oscillations remarquables. Nous n'avons qu'à rappeler le temps de Charcot et les manifestations retentissantes de l'hystcrie à sa clinique. Si nous comparons ces phénomènes à l'hystérie que nous voyons aujourd'hui, nous serons frappés par la disparition des symptômes tapageurs, qui ont cédé la place à des phénomènes appartenant beaucoup plus au domaine du caractère et du comportement. On dirait que l'hystérie a cessé d'être une maladie qui se manifeste sous forme organique. Ceci est une exagération, je le sais ; pourtant, les changements dans les manifestations de l'hystérie ont été si rapides et si frappants qu'on a pu prétendre, comme l'a fait Bahinski, que c'est Charcot qui avait créé les hystéries. Il en est de même pour les névroses obsessionnelles, qui ont changé aussi. Ces obsédés sont toujours plus rares, qui doivent suivre un cérémonial compliqué pour pouvoir accomplir les fonctions les plus ordinaires de la vie. On en trouve encore, mais la plupart des obsédés d'aujourd'hui montrent une inhibition au travail, à la lecture, à la sexualité, à toute activité, ils ne cherchent que rarement à surmonter cette inhibition à l'aide d'un cérémonial. Leurs inhibitions se manifestent sur le plan intellectuel et dans leur comportement.