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Depuis des années déjà, j'ai attiré l'attention de mes collaborateurs et de mes élèves sur la névrose familiale. De même que Saussure (1), je la considère comme un des principaux aspects des névroses que nous rencontrons chez nos malades. J'en ai parlé dans mes cours cliniques à notre Institut de Psychanalyse et dans un article sur la frigidité sexuelle de la femme, paru dans la Revue française de Psychanalyse.
En effet, nous avons souvent l'occasion d'observer que le seul
fait de traiter au moins l'un des parents — sinon les deux — d'enfants névrosés suffit à guérir les enfants, sans que nous ayons eu besoin, pour cela, d'un contact direct avec eux. Et ne voyonsnous pas toujours que les enfants de parents névrosés le sont également eux-mêmes, à des degrés plus ou moins prononcés ? Cela pourrait, il est vrai, s'expliquer par l'hérédité ; mais alors comment se fait-il que ces enfants se rétablissent, une fois les parents guéris ? Or, souvent ils guérissent mieux que ces derniers, au point que les témoins de ces transformations en sont parfois stupéfaits. Les cas nombreux que j'ai eu l'occasion d'observer m'ont amené à considérer que, la plupart du temps, la névrose, avec tout ce qu'elle comporte, représente une tradition familiale. Ainsi s'expliqueraient beaucoup de ces états complexes que nous appelons névroses de caractère, névroses d'échec, homosexualité, frigidité, impuissance sexuelle de l'homme, etc… On peut ajouter que certaines psychoses, surtout les paranoïas, ont souvent la même étiologie, quoique l'hérédité puisse jouer plus fortement dans ces derniers cas. Toujours est-il qu'en recherchant l'origine des névroses ou des psychoses on ne devrait jamais négliger l'étude de la névrose familiale. Mais elle n'est pas facile à diagnostiquer. Impossible de la déceler, non plus que ses répercussions sur le développement d'un enfant, sans une certaine expérience psychanalytique. Notre formation médicale ordinaire ne nous donne a