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On connaît depuis longtemps, en psychanalyse, l'importance du complexe de castration phallique chez l'homme et aussi chez la femme, où il engendre l'envie du pénis. Les fantasmes d'éventration, si bien mis en valeur par Mélanie Klein, m'ont semblé en constituer un pendant tout aussi important dans l'édification de la psycho-sexualité féminine.
Mais, ainsi que je l'ai indiqué dans une communication précédente (1), je me sépare de Mélanie Klein sur un point capital : j'attribue l'origine de l'angoisse de la fillette devant la crainte de la pénétration, de la perforation, de l'éventration, à quelque chose d'antérieur et d'indépendant de toute sorte de surmoi.
Je crois la réaction biologique de crainte de l'individu devant, disons très généralement, la pénétration, l'effraction de sa propre substance, quelque chose de très primitif.
Représentons-nous un instant quelque niasse originelle de protoplasme. De toutes parts, des forces hostiles l'entourent, la menacent, et ce primitif organisme ne pourra vivre que s'il se garde contre ces dangers. Mais ces menaces, ces dangers, quels sont leurs modes ? Il y a la dessiccation : il y a la pénétration par des objets durs plus forts à l'intérieur de la substance, voire son écrasement.