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Le bel ouvrage (1) que vient de nous donner M. Roland Dalbiez doit être considéré comme marquant une date dans l'histoire de la psychanalyse en France. En effet, depuis si peu de mois qu'il soit publié, il s'avère déjà clairement qu'il a réussi à faire pénétrer enfin dans les milieux philosophiques les plus sérieux, mais souvent aussi les plus réfractaires à tous les apports de M. Freud, la conviction que la méthode psychanalytique représentait un acquêt solide, réel et durable en psychologie. Cette réussite brillante, dont tous ceux qui s'intéressent à la psychanalyse doivent être reconnaissants à M. Dalbiez, comment l'a-t-il méritée, et parce que méritée -obtenue ? C'est en exposant impartialement, en toute liberté d'esprit, le résultat des travaux de M. Freud et de ses disciples les psychanalystes ; c'est surtout en distinguant soigneusement, ainsi que je l'avais demandé depuis longtemps, entre la psychanalyse, qui est une méthode, et une méthode admirable que tous ceux qui l'ont pratiquée ou vue pratiquer de près sont forcés de reconnaître comme un génial enrichissement de la pratique psychologique, et le freudisme, qui est une doctrine, dont on reste libre de n'accepter que ce que l'on veut (p. 68). M. Dalbiez est ainsi arrivé à obtenir l'audience des philosophes comme moi-même me suis ménagé celle des médecins : tant il est vrai qu'il y a toujours en France de l'accueil pour toutes les idées, pourvu que l'on ne s'obstine pas à les présenter en des blocs compacts qu'on veuille soustraire à la dissociation critique.
L'ouvrage de M. Dalbiez comprend deux parties bien distinctes : le premier volume est consacré à l'exposé de la méthode psychanalytique et de la doctrine freudienne, le second à la discussion de leur valeur respective. Le second volume est, certes, plus personnel ; mais le premier expose avec tant de clarté les questions dont il traite que l'on peut dire que pas un homme prétendant à quelque culture élevée ne devrait se croire dispensé de lire ce prem