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On trouve dans la iittératuré psychanalytique, et vous avez tous connu, des cas de névrose qui guérissent d'une manière extraordinairement rapide, en contraste avec les longues analyses courantes ; tout an moins voit-on disparaître le symptôme, et malade et analyste sont enchantés l'un de l'autre.
Le cas dont je vais faire le récit est, pour une part, de ceux-là ; il m'a paru intéressant pour la discussion qu'il soulèvera, je l'espère, et que je tenterai d'amorcer.
Il s'agit d'impuissance génitale chez un homme de 46 ans qui vint me voit pour la première fois en 1934.
Léon, pour ne pas l'appeler par son nom, est un homme brun, de petite taille, d'aspect viril et trapu. Il parle clairement, d'une voix forte et grave, va droit au fait et donne une impression de confiance en soi et de solide honnêteté. C'est un contremaître qui adore son métier et l'ouvrage bien fait.
Léon est allé consulter, deux ans auparavant, à Sainte-Anne, où le Dr Laforgue l'avait vu plusieurs fois. Il veut guérir de son impuissance dont il a toujours souffert et préfère essayer un traitement psychanalytique avant de s'en remettre aux soins d'un spécialiste qui lui propose d'inciser ses canaux déférents et d'y faire une injection de sérum. Il a néanmoins dans sa poche le livret-réclame d'un fournisseur de pilules merveilleuses sur lesquelles il aimerait bien avoir mon avis.
Dans son enfance, sa famille était composée des deux parents et d'une sœur, de deux ans l'aînée.
Son père paraît avoir été, dans son genre, une personnalité. Il faisait tous les métiers, étant tour à tour cocher, débardeur, maçon,