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Ma conférence de ce soir doit rouler sur un sujet qui, pour les psychanalystes, est assez banal, mais que je voudrais vous présenter de façon à vous préparer au sujet des deux autres conférences que je dois faire ici cette année ; ces deux conférences porteront sur des sujets quelque peu plus élevés et plus difficiles.
A propos du rôle du complexe d'Œdipe dans le développement psychique de l'enfant vous allez voir comment s'accomplissent, d'une part, l'évolution vers l'amour et la moralité, d'autre part, l'évolution vers l'intellectualité humaine, et ceci vous disposera à entendre les conférences respectives sur le rôle du sexe dans la civilisation occidentale, d'une part, et, d'autre part, sur la façon dont la pensée prend corps et s'organise dans sa vie propre.
§ 1. — On donne le nom de complexe d'Œdipe à la disposition affective par laquelle un être humain est libidinalement attaché à son parent de l'autre sexe, cependant qu'il nourrit à l'égard de son parent du même sexe une attitude de rivalité chargée possiblement d'aversion.
Cet état d'esprit est connu déjà depuis très longtemps dans les mythes et dans la littérature, mais ce qui est le mérite original de M. Freud, c'est d'en avoir montré la valeur universelle ou quasi-universelle ; et, cette valeur, maintenant que lui a su, le premier, la voir, crève les yeux du clinicien.
§ 2. — Pour qui voit des enfants, pour qui étudie leur psychologie et leur psychopathologie, il n'y a vraiment nul doute que l'organisation œdipienne ne soit qu'un stade normal de l'évolution psychique des enfants, au moins dans notre type de société. Je dois ajouter, d'ailleurs, que, chez les civilisés, l'élément aimant prend une plus grande importance que l'élément