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Dans mes premières psychanalyses d'enfants, j'ai été souvent embarrassée par des difficultés que rencontre tout débutant : difficultés d'approche et de transfert.
Mes consultations psycho-pédagogiques et ma maison d'éducation à Chailly-sur-Lausanne m'ont donné l'occasion de faire des expériences systématiques sur la rééducation des enfants.
D'emblée, l'expression verbale m'a paru bien insuffisante. Chez le petit enfant, on se heurte toujours à une logique qui n'est pas la nôtre, à une pensée réaliste, à des schèmes animistes et artificialistes ; les mots n'ont pas toujours le même sens, ni la même portée pour lui et pour nous. En outre, l'enfant sent et sait plus ou moins confusément une quantité de choses qu'il ne peut pas complètement exprimer par des mots.
Le livre d'Anna Freud Die Einführung in die Technik der Kinderanalyse et ses articles m'avaient initiée à sa méthode de psychanalyse infantile basée sur le jeu. C'est donc vers le jeu que je me suis tournée, car c'est là l'expression naturelle de l'enfant. Quand il joue, il est plus simple, plus spontané. L'intérêt du jeu, on le sait, affaiblit la censure.
L'idée m'est venue d'utiliser un jeu de guignols et j'ai été frappée de constater le parti qu'on en pouvait tirer. C'est un moyen d'expression extraordinairement varié et souple. Il s'adapte à l'enfant, beaucoup plus que l'enfant à lui. Les scènes inventées par les enfants varient non seulement en fonction de leur âge, mais plus encore en fonction de leur personnalité. Le jeu de guignols permet de respecter l'individualité de l'enfant. Chacun a un mode de jouer qui lui est propre, une tonalité personnelle.