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La question de l'identité de la symbolique des rêves dans des langues d'origine variée est d'une importance considérable ; sa solution peut éclairer beaucoup de domaines de la psychologie (genèse des langues, formation des idées, inconscient collectif, mnémonique héréditaire).
Pratiquant souvent la psychanalyse en langue hébraïque, j'espère pouvoir contribuer au débrouillement de ce problème en mettant en comparaison la symbolique dans les langues sémitiques et dans les langues indo-européennes, ces dernières différant plus des langues sémitiques qu'elles ne diffèrent entre elles. Je compte publier comme travaux préparatoires une étude sur les Pressentiments psychanalytiques dans l'oniromancie chez les anciens Hébreux selon le traité sur Brachoth (Psychoanalytische Bewegung, V, 1935), ainsi que le présent essai.
Dans cette étude, nous voulons établir que la pensée inconsciente peut s'exprimer en hébreu, langue récemment ranimée et donc sans mnémonique héréditaire. Les exemples cités donneront une idée de la richesse des jeux de mots dans les rêves de personnes de langue hébraïque, et expliqueront en même temps cette abondance de jeux de mots.
Une idée se laisse remplacer par une autre s'il y a une ressemblance dans la forme, les particularités, les fonctions, l'origine des deux idées ou la phonétique des mots qui les expriment respectivement. Le symbole, né de cette ressemblance n'est pas forcément lié à l'expression linguistique. Plus le symbole a de ressemblance phonétique, plus il perd d'effet.