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Le remarquable travail de M. Velikovsky apporte des faits si intéressants pour les psycnanalystes et pour les linguistes que quelqu'un qui se trouve être à la fois l'un et l'autre demande la permission de donner quelques précisions sur la façon dont sont envisagés, selon lui, les intéressants problèmes que soulève l'auteur.
La question des prédispositions qu'apporte ou non chaque être humain, à sa naissance, à parler tel ou tel idiome est une des plus ardues de la linguistique. L'hypothèse qu'il y ait une « mnémonique héréditaire » des articulations ou des vocables n'est jamais arrivée à s'asseoir sur aucun fait linguistique positif. Dans le dernier tiers de siècle, les linguistes ont certes eu l'attention particulièrement attirée vers la question des substrats, c'est-à-dire des traces laissées dans la phonétique, la grammaire et le vocabulaire des langues par les idiomes que parlaient antérieurement les populations ayant adopté historiquement ces langues : « égéen » en grec, gaulois en français, etc. Mais la plupart du temps, il s'agit d'infiltrations et de modifications qu'a subies la langue dominante à l'époque où elle vivait en symbiose de bilinguisme avec l'idiome dominé qu'elle n'avait pas encore tué. Des faits d'interprétations plus difficiles sont ceux où l'action d'un même substrat ne se révèle que bien après la disparition de l'idiome supplanté. Doit-on supposer une hérédité vraie de certaines habitudes de pensée? La plupart des linguistes pensent plutôt que les altérations qui ne se révèlent, dans les langues conquérantes, qu'après la mort de l'idiome conquis remontent néanmoins, dans leur principe, à la période de bilinguisme : les générations ne se seraient donc influencées, là encore que par la voie de l'imitation linguistique et non par celle d'une problématique hérédité fonctionnelle.
D'ailleurs, quoi qu'il en soit, les faits apportés par M. Vilikovsky ne me paraissent nullement poser la question de la « mnémonique héréditaire»,