You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Ce livre n'est pas une œuvre d'érudition, il est un simple essai. Il n'a aucune prétention métaphysique ; son rôle est de regarder au cours de l'histoire l'achèvement le plus complet de l'homme, d'essayer de dépister les facteurs qui ont permis cette époque privilégiée et de tâcher d'en tirer quelques modestes conclusions. Assurément que l'on aurait pu s'assigner pour tâche l'étude d'un grand nombre de ces périodes où l'esprit semble s'être dégagé plus clairement des craintes et des superstitions qui l'asservissent ; nous avons limité notre étude à la première apparition de ce miracle, comme l'appelle Renan.
Comparant diverses civilisations de l'antiquité, nous avons essayé de préciser ce qui faisait l'essence de chacune d'elles et pourquoi leurs périodes d'apogée furent différentes. Dans ces évolutions divergentes, nous avons marqué le rôle important de la structure sociale, mais d'autres avant nous avaient établi un rapport entre les modalités de l'intelligence et les cadres sociaux. Seulement, nous avons essayé de pousser plus loin cette explication en étudiant de plus près les conditions psychologiques de chacune de ces structures sociales et les répercussions qu'elles eurent sur la culture de ces nations.
Le berceau de l'humanité nous est apparu comme une sorte de névrose collective qui faisait obstacle au développement de l'intelligence. Chaque civilisation est une tentative, plus ou moins réussie, d'autoguérison spontanée.