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à la 10e Conférence des Psychanalystes de langue française réunie à Paris à l'Asile Clinique de Sainte-Anne (Amphithéâtre de la Faculté de Médecine) les 21 et 22 Février 1938
Le masochisme est un état névropathique caractérisé par la recherche de la souffrance. Le masochiste éprouve un véritable besoin, un « appétit » de souffrir.
La souffrance est corporelle ou morale, ou tient à la fois de ces deux natures.
Le sujet masochiste la recherche directement, sciemment, dans le but d'une satisfaction érotique, génitale. Cette pratique représente le Masochisme érogène ou la Perversion sexuelle masochiste, et ce fut la seule manifestation masochiste connue avant les travaux psychanalytiques.
Ces travaux ont mis en évidence une autre forme de masochisme de beaucoup la plus répandue, le masochisme moral.
Dans ce nouveau cas la souffrance est recherchée indirectement et inconsciemment, mais également dans un but de satisfaction. Seulement ici la satisfaction est inavouée. En outre, elle dépasse le cadre du génital pour atteindre l'ensemble de la personnalité.
Le masochisme moral peut développer à lui seul une véritable névrose de comportement, habituellement désignée dans la littérature psychanalytique sous le nom de caractère masochiste.
Plus fréquemment encore on le voit, sous forme de tendances masochistes, prendre une part essentielle dans la formation de presque tout état psycho-névropathique.
Cette aspiration à la souffrance poussée à son extrême, révélerait l'existence d'une véritable tendance d'ordre instinctif auto-destructive. « L'universalité » biologique de cette tendance a mené Freud à la considérer comme une pulsion indépendante, par lui dénommée instinct de mort. Nous aurons l'occasion, plus d'une fois, de revenir sur cette conception que Freud lui-même a pris soin à diverses reprises de désigner comme purement spéculative (metapsychologie).
Notre ami, R. Lœwenstein, la discutera à fond.