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Notre but n'est pas d'écrire une histoire de l'humanité, en sorte que nous ne chercherons pas par quels intermédiaires nombreux les sociétés ont passé entre le stade totémique et celui des grands empires. Nous voudrions examiner par quels processus inconscients l'homme s'est petit à petit libéré de ses conflits originels. Là encore, nous n'avons pas l'intention d'entrer dans tous les détails, nous aimerions présenter quelques faits caractéristiques qui suffisent parfaitement pour le but que nous nous sommes assigné.
Si nous employons encore poétiquement l'expression de notre mère la terre, celle-ci n'a pour nous qu'une valeur symbolique. Il en est tout autrement pour le primitif, pour qui la réalité intérieure prime la réalité extérieure.
Il nous semblerait tout naturel que le primitif, ayant observé que certaines plantes ou certains fruits étaient comestibles, se soit mis à les cultiver pour assurer son existence. Pourtant les choses ne sont pas si simples; car attaquer la terre avec des instruments aratoires, si primitifs soient-ils, c'est opérer symboliquement une agression contre la mère, c'est se rendre coupable de l'inceste si strictement défendu. Il existe encore des tribus où l'agriculture est interdite. Ailleurs, seul un chef,