You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Il est toujours intéressant de faire sur un même sujet une comparaison entre une étude psychanalytique et une étude psychiatrique. C'est pourquoi nous allons reproduire sans commentaire les conclusions de deux études psychiatriques sur Arthur Rimbaud: Dr Lagriffe: Les deux aspects d'Arthur Rimbaud (Journal de physiologie normale et pathologique, 1910, page 499), Dr Delattre: Le déséquilibre mental d'Arthur Rimbaud (Paris, 1928, Le François), et nous laissons au lecteur le soin de tirer lui-même des conclusions.
Lagriffe affirme que « au risque d'encourir l'accusation de trouver de la folie partout, on peut dire, croyons-nous, que Rimbaud, tout au moins le Rimbaud première manière, ne fut pas un individu normal ». S'appuyant sur une étude de son caractère L. fait le diagnostic de paranoiaque larvé. Pour ce qui concerne les fugues, il écrit qu'elles « présentent les caractères typiques de la fugue paranoiaque, de la paranoia ambulatoire ». De son œuvre poétique il dit que « Les Illuminations présentent les caractères des écrits des dégénérés et des tarés ». L. nie l'homosexualité de R., mais ajoute que « le drame de Bruxelles restera toujours un peu obscur, peut-être parce que il ne faudrait pas lui chercher des raisons trop profondes et peut-être parce qu'il n'est que banal ».
Rimbaud « quitte l'Europe dans un dégoût de tout, trop entier, trop autoritaire, trop égoïste pour faire des concessions et pour s'abaisser à une adaptation. Il renonçait à la littérature en effet, mais il restait paranoiaque ».
« M. Victor Ségalen voit dans cette transformation expressive d'Arthur Rimbaud un exemple typique de bovarysme. On sait que M. Jules de Gaultier a défini le bovarysme, la faculté départie à l'homme de se concevoir autre qu'il n'est, en tant que l'homme est impuissant à réaliser cette conception différente qu'il se forme de lui-même, c'est ce qu'autrement on appelait manquer sa vocation, mais avec ce correctif: sans s'en douter. Arthur Rimbaud en éparpillant sa vie, en disp