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Dans les études que l'on pourrait appeler la topique de la personnalité, les auteurs de langue française ont coutume de se servir, pour traduire l'allemand das Ich, de cette expression: « le moi ». Mais il y a déjà belle lurette qu'a commencé à se manifester, au sujet de cette traduction, un malaise qui, puisque les mots sont le corps des idées, ne pouvait pas ne pas conduire à des réflexions sur le fond même de la question.
Dans la disance philosophique commune, le moi s'oppose au non-moi; c'est dire qu'il englobe tout le psychisme du sujet, ce qui est loin d'être en accord avec le sens spécial donné au même terme dans les écrits psychanalytiques. M. Léon Daudet, parti de ce sens philosophique général, connu de tous les gens cultivés,