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L'ouvrage commence par un exposé très clair de la théorie freudienne de l'angoisse. A ce propos, résumant la conception psychodynamique de l'analyse, Laforgue nous explique pourquoi il renonce aux termes de moi et de moi-même qu'il remplace par ceux de je et sur-je.
Dans l'expression « Je me juge », il est évident que le je et non le me correspond à ce que Freud a désigné par Ich. Le moi doit être réservé à l'ensemble de la personnalité.
Cette remarque ne nous a pas entièrement convaincu. Si nous prenons une expression comme « moi je garde mon opinion », le moi, dans ce cas, est actif et non réfléchi. Il se traduit en allemand par Ich et non par mich. Le Je évoque surtout la personnalité consciente, le moi indique mieux la participation d'une part de l'inconscient, il représente quand même quelque chose d'organisé, contrairement au ça qui n'est qu'un élan pulsionnel. Si à l'expression « Je garde mon opinion », j'ajoute: moi, ce renforcement du je n'indique nullement l'addition de l'élément pulsionnel, il indique simplement que la totalité de mon moi organisé entre en jeu dans cette affirmation. Si j'insiste sur ce point, c'est que je crois qu'il y a un très grand avantage à garder une unité d'expression entre analystes pour ne pas compliquer indéfiniment et inutilement notre vocabulaire.
Je serais, pour ma part, très heureux que Laforgue acceptât de revenir en arrière sur ce point. Le moi sujet est employé dans la langue française depuis Montaigne (Rabelais, par contre, dit encore: je qui vous parle) et ces quatre siècles d'usage me paraissent suffisants pour que nous puissions l'accepter au milieu de tant de néologismes que nous avons été contraints d'accepter.
Néanmoins, dans le cours de ce compte-rendu nous emploierons les termes de je et sur-je.
Laforgue distingue avec Freud quatre sources de dangers et, partant, d'angoisses.
1°. La source de danger réel qu'est le monde extérieur (Realangst des Allemands).
2°. La source de danger représentée par les exigences impérativ