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A tout seigneur, tout honneur. Une série d'études sur les psychanalystes français doit commencer par s'occuper de M. René Laforgue. Certes, nous avions eu avant la guerre de Quatre Ans les sagaces prospections de M. Morichau-Beauchant (1) et les travaux critiques de Régis et de M. Hesnard ; mais ces écrits n'avaient fait que peu de bruit. Certes aussi, c'est Mme Sokolnická la première introductrice de la méthode psychanalytique dans notre pays ; mais elle n'avait guère touché qu'un milieu littéraire assez étroit. Celui qui a été l'animateur du mouvement psychanalytique en France dans les milieux psychiatriques, l'apôtre des premières luttes, c'est M. René Laforgue. C'est lui qui, dès 1924, a déclenché le si brillant mouvement de l'Evolution psychiatrique ; c'est lui qui, avec M. Hesnard, a dirigé la première publication de ce nom (Payot, 1925). Plus tard, quand des malentendus malencontreux ont eu accompli une séparation officielle, quoique bien peu réelle, entre l'Evolution psychiatrique et le mouvement proprement psychanalytique, c'est M. René Laforgue qui a présidé avec autorité aux trois premières années de vie de la Société psychanalytique de Paris (Novembre 1926-Janvier 1930). C'est lui qui, pour beaucoup de psychiatres encore, incarne véritablement là psychanalyse en France; et il aurait pu être le chef incontesté de l'école psychanalytique française si les Français avaient eu un tantinet davantage l'esprit grégaire, mais aussi si lui-même avait su se construire une personnalité moins déconcertante.
Mon ami Laforgue, en effet, est un étrange esprit : excellent