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Communication à la Société de psychologie collective (27 Juin 1938)
« Deuil » fait penser aux obligations que la société impose aux parents d'un mort pendant un temps plus ou moins long ; on oublie que par ses origines et par certaines survivances « deuil » désigne un phénomène psychologique de l'ordre de la douleur physique et morale.
L'insolite expression « travail du deuil » évoque l'idée d'un effort intense et ardu en vue d'un résultat à obtenir. Tel ne paraît pas le spectacle banal de la mort : n'est-ce pas précisément un « spectacle » auquel on « assiste », un événement auquel on se résigne ? Rien de tout cela ne suggère l'idée d'une activité, d'un travail. Il se peut cependant que cette banalité soit « banalisation », que cette résignation soit le fruit d'un travail souterrain de défense et d'adaptation. Il est en effet des formes pathologiques du deuil dans lesquelles il apparaît qu'un tel travail ne se fait, pas ou qu'il se fait mal. L'existence d'un tel travail est aussi suggérée par les institutions du deuil dans les sociétés primitives. Ainsi l'étude du deuil dans son contenu psychologique ou dans les institutions sociales qui l'informent se trouverait ouvrir quelques perspectives sur le problème général de la fonction de la douleur.