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L'expérience nous a montré que le traitement psychanalytique, dont le but est de débarrasser un sujet de ses symptômes névrotiques, de ses inhibitions et de ses anomalies de caractère, constituait un travail de longue haleine. Dès les débuts de la science psychanalytique, on essaya d'abréger les analyses. Ces tentatives, étayées sur les motifs les plus sensés et les plus opportuns, n'ont certes pas besoin de justification. Toutefois, on y décèle sans doute une trace du mépris dans lequel la médecine d'autrefois tenait les névroses. Ces dernières étaient considérées comme résultant inutilement de troubles impossibles à déceler. Lorsqu'on se voyait contraint de s'en occuper, on voulait en finir au plus vite. C'est ainsi que, dans le complément de son travail sur « Le traumatisme de la naissance » (1924), O. Rank a fait, dans ce sens, une tentative particulièrement énergique en admettant que la naissance est la source véritable des névroses, parce qu'il peut arriver que la « fixation primitive » à la mère ne soit pas surmontée et se continue par un « refoulement primitif ». Rank espérait guérir toutes les névroses en liquidant, plus tard, par une analyse, ce traumatisme primitif. Ainsi un petit fragment d'analyse épargnerait tout le reste du travail analytique et quelques mois suffiraient pour atteindre le but. L'idée de Rank, nul ne le contestera, était audacieuse et ingénieuse, mais elle ne résista pas à un examen critique. N'était-elle pas née, d'ailleurs, à une époque où l'on était impressionné par le contraste qu'offrait avec la misère européenne