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Voilà M. Jacques-Marie Lacan élu membre titulaire de la Société psychanalytique de Paris; certes, il devient ainsi quelque chose; mais, heureusement pour lui, il n'avait pas attendu nos suffrages pour être quelqu'un. C'est en effet à juste titre que M. Lacan passe pour un des esprits les plus brillants de la jeune génération psychiatrique française.
C'est pourquoi il serait de l'intérêt de tous les psychopathologistes qu'il se dégageât d'une certaine cuirasse où son esprit se chartre: cuirasse faite à la fois d'un jargon de secte et d'une préciosité personnelle. Ses ouvrages en sont déparés.
Ce n'est pas que je réprouve tout modelage conscient de soi par soi: le recherché peut être exquis, et les esprits distingués avoir raison de ne point se prostituer aux goûts du vulgaire; mais, dans le cas particulier, il ne me semble pas que M. Lacan ait choisi pour son esprit, que toute sa formation tant héréditaire que familiale et sociale fait français, une parure qui lui convienne. Un de ses aînés, qui a été quelque peu son maître et qui est resté son ami, ai, je crois, le droit de le lui dire, et peut-être, si je suis écouté, M. Lacan, qui est encore tout florissant de bel âge, pourra-t-il bientôt donner ce qu'on attend de lui.
Les réflexions qu'on vient de lire me sont inspirées par la lecture attentive de l'article sur la famille que M. Jacques Lacan vient de publier dans l'Encyclopédie française, mise en chantier par M. Anatole de Monzie. Chacun sa petite performance: