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Les lecteurs de cette revue ont lu sous forme d'articles la plupart des chapitres de cet ouvrage, mais ils seront contents de les trouver réunis en un volume. Plusieurs chapitres sont du reste originaux et la seconde édition de ce livre qui va paraître prochainement sera revue et augmentée. Elle contiendra notamment des vues originales sur les facteurs curatifs dans le traitement psychanalytique. Pour le moment contentons-nous de nous attarder à l'une des leçons originales de la première édition.
Depuis longtemps déjà, Laforgue s'est attaché à décrire certains types de névroses qui ne correspondent pas à la nosographie psychopathologique classique. Cette dernière, en effet, part de symptômes tels que les phobies, les obsessions, les doutes, les angoisses, etc… pour créer des tableaux cliniques; Laforgue au contraire, s'attache à décrire une attitude générale devant la vie pour en déduire ensuite toutes les conséquences dans le comportement quotidien. Ce point de vue, bien qu'il conduise souvent à des descriptions plus pittoresques que systématiques et méthodiques, me paraît d'un grand intérêt. Du point de vue thérapeutique, il s'avère fécond car il place au centre de tous problèmes cette attitude morbide initiale. Un des tableaux les plus pittoresques que Laforgue nous ai livré est celui de la carmélite de la névrose. Femme restée inconsciemment attachée à une mère sadique, elle tombe de malheurs en malheurs, d'opérations en opérations, croyant toujours poursuivre le bonheur, mais dominée par la fatalité d'un masochisme qui la condamne à la souffrance.
Assurément, il est difficile de souscrire à toutes les affirmations d'un livre aussi riche d'expériences et d'idées, mais chacun s'inclinera devant son caractère généreux et profondément humain.
R. de Saussure.